RÈGLE DE FAUST Nº 1 : « AVEC SOIN TU PRÉPARERAS TON PROJET »

octobre 2nd, 2020 by Christian Faust - Posted in Français

La première et la plus importante des règles (d’or) de Faust est si évidente qu’elle ne nécessite aucune explication. Tout le monde sait qu’on « ne récolte que ce que l’on sème ». Tout le monde devrait savoir que la qualité des résultats dépend en grande partie des ressources mises en œuvre. Pourtant, on sous-estime trop souvent l’importance de ce vieil adage. Alors plongeons tout de suite dans le vif du sujet !

La qualité des résultats dépend des efforts investis

Aucune des parties ne souhaite un résultat final qui ne soit pas à la hauteur des espérances… Si cela venait à se produire, en tant qu’entreprise de traduction, nous devrions payer les corrections et les heures supplémentaires du traducteur ou, dans certaines situations, les coûts seraient répercutés sur le client. Ça peut arriver !

Chez FaustTranslations, nous avons même une expression pour qualifier le manquement à cette règle de Faust : « Si tu donnes de la daube, le résultat sera de la daube ! ». On l’accompagne souvent d’un rire crispé, parfois d’un gros mots, et on se recentre immédiatement sur le plus important : la réussite du projet !

Comme nous l’avons déjà mentionné, l’aspect le plus intéressant de la gestion des traductions, c’est qu’il n’existe pas deux projets identiques. Même si ça peut sembler le cas à première vue et même si le client n’a fait aucune requête particulière. Chaque projet présente des caractéristiques uniques et des exigences spécifiques. Comme si cela ne suffisait pas, elles sont souvent révélées au moment où on s’y attend le moins…

Bien préparer son projet

Les responsables de projet doivent développer leur intuition pour se rendre compte des éléments laissés au hasard et demander les informations que le client n’a peut-être pas fournies. Parfois, le client n’en est pas conscient ou c’est tellement évident pour lui qu’il ne pense même pas à mentionner certains détails ! Il n’est pas rare que nous recevions des commandes de traduction du type « Veuillez traduire le texte ci-joint »… sans même préciser la langue cible souhaitée ! Mais bien sûr, on s’y met tout de suite !

Généralement, nous affectons à chaque client un chef de projet exclusif, qui apprendra à connaître de manière approfondie les besoins de son entreprise et disposera déjà des informations les plus importantes. Les subtilités propres à chaque traduction sont généralement bien cachées et doivent être habilement découvertes par le chef de projet.

Formats de fichiers et conversions

La première étape de la gestion des projets de traduction consiste à vérifier rigoureusement les fichiers d’origine et à poser toutes les questions nécessaires :

  • Sait-on exactement ce qui doit être traduit ?
  • Tous les textes sont-ils modifiables ?
  • Le contexte est-il clair ?
  • Le texte source contient-il plusieurs langues ou des parties déjà traduites ?
  • Y a-t-il des restrictions quant à la longueur des textes ?
  • Existe-t-il des données intégrées ? Comment doivent-elles être traitées ?
  • L’interface utilisateur doit-elle être traduite ou rester dans la langue source ?
  • Le texte apparaît-il intégralement dans le programme de traduction, segmenté de façon appropriée ?
  • La conversion pourrait-elle poser des problèmes ? (PDF, IDML, HTML, …)

La liste est longue… À ce stade, la priorité est de fournir à chaque traducteur des instructions qui ne laissent aucune question en suspens, mettant ainsi le projet sur la bonne voie dès le départ.

Qualité du texte source

Bien entendu, la qualité du texte source joue également un rôle. Les difficultés pour les traducteurs peuvent provenir de la terminologie technique – voire de la terminologie spécifique à l’entreprise –, de phrases grammaticalement incorrectes ou incomplètes, de tournures familières, ou de textes contenant des plaisanteries, de l’ironie ou des jeux de mots.

Contexte : Tu aurais dû voir ça !

Parfois, le contexte du texte source peut être fondamentalement opposé à une traduction directe. Dans ce cas, une mauvaise traduction ne sera pas due à l’incompréhension du sujet par le traducteur, mais plutôt au manque d’information concernant le contexte. Par exemple, si le texte source se base sur un jeu de mots mais qu’il est accompagné d’une photo appropriée pour l’illustrer, on pourra éviter de potentiels problèmes de traduction à un stade précoce. C’est là que la transcréation prend tout son sens.

Terminologie

La cohérence terminologique dans toutes les traductions d’une même entreprise est l’un des plus grands défis de la gestion des projets de traduction. Nous avons d’ailleurs une règle de Faust spécifique à cet effet (voir la règle de Faust nº 2 la semaine prochaine !).

Il convient de souligner que s’assurer d’une terminologie uniforme et cohérente est l’une des tâches les plus importantes de tout responsable de projet. La terminologie correcte doit être utilisée dès le commencement.

Pour ce faire, les responsables de projet doivent toujours demander au client les glossaires existants et prévoir un interlocuteur dans l’entreprise, qui sera capable de clarifier rapidement toute question éventuelle. La mise à jour de l’index terminologique d’une entreprise et l’utilisation cohérente des termes techniques appropriés sont incontournables pour toute agence de traduction de qualité.

Formatage et mise en page

Le texte des traductions est généralement plus long ou plus court que le texte source, rarement exactement de la même taille. Si un texte plus court ne pose généralement aucun problème, il peut en être tout autrement lorsque le texte traduit dans une langue étrangère est beaucoup plus long que l’original.

Lorsque la mise en page du document source est peu aérée et qu’on dispose de très peu d’espace, des problèmes considérables peuvent surgir dans le document cible, notamment au niveau de la pagination et de la taille de la police.

On peut se retrouver avec des sauts de ligne et de paragraphe en milieu de phrase, ou des limites de quantité de caractères qui ne permettent pas d’insérer le texte dans la langue cible. Dans ces cas, le traducteur n’a pas beaucoup de marge de manœuvre et peut se retrouver forcé à utiliser des solutions peu élégantes.

De nombreux fichiers (principalement les PDF) devraient être initialement préparés en tenant compte de ces contraintes, afin que le résultat des traductions puisse s’ajuster sans nécessité de retravailler la mise en page. C’est particulièrement important quand on traduit en plusieurs langues, car tous les efforts de post-traitement éventuels devront être multipliés par le nombre de langues… Une bonne planification préliminaire est donc essentielle !

Modifications imprévues/supplémentaires

Les clients ne sont pas toujours conscients que des modifications ultérieures ou tardives du texte source au cours d’un projet de traduction peuvent impliquer d’importants efforts additionnels pour les traducteurs. Le langage et les références culturelles sont complexes. Même des changements apparemment mineurs du texte source peuvent avoir dans la langue cible des conséquences sur d’autres parties du texte, afin de maintenir la même expérience fluide pour les lecteurs de la version traduite que pour ceux de l’originale.

C’est au responsable de projet de toujours s’assurer avant le commencement d’un projet que les documents fournis par le client correspondent à la version définitive. C’est également dans l’intérêt du client. Nous voulons tous éviter les surprises, et surtout la hausse des coûts !

Objectif/utilisation de la traduction

Le but dans lequel la traduction doit être utilisée est généralement connu du client, mais pas nécessairement du responsable de projet (ou du traducteur). Certains clients demandent souvent simplement « une traduction », sans indiquer le contexte dans lequel ils prévoient de l’utiliser.

Une traduction à des fins purement informatives peut être produite beaucoup plus rapidement et à un coût bien moindre qu’un texte utilisé à des fins de marketing, qui requiert d’importantes adaptations linguistiques et culturelles en fonction du marché cible. De même, il vaut toujours mieux faire réviser un communiqué de presse trop de fois que pas assez.

Pour les contrats juridiques, les bilans d’entreprise, les notices d’utilisation, etc., il est impératif de toujours faire appel à des traducteurs spécialisés dans le domaine. Pour les documents strictement confidentiels, d’autres précautions s’appliquent. Bien que cela ne semble pas évident à première vue, une indication concrète de l’utilisation prévue permet d’économiser du temps et de l’argent tout en garantissant une traduction adaptée à l’usage final.

Géographie et groupe cible

De nombreuses entreprises opèrent à l’échelle internationale, sur de nombreux marchés, et traitent avec différents groupes cibles : services internes, entreprises associées, utilisateurs finaux (B2C), clients commerciaux (B2B), fournisseurs, partenaires et investisseurs, sociétés de conseil, organismes et autorités gouvernementales, etc. Naturellement, chaque public doit être abordé de manière différente.

Non seulement le ton est important, mais aussi la région géographique. Il est essentiel de connaître les codes de communication spécifiques de chaque public. Ce qui est cohérent et poli en anglais doit être transposé de la même manière en espagnol, portugais, français, néerlandais (Pays-Bas/Belgique), allemand (Allemagne/Autriche/Suisse/Luxembourg/Belgique de l’Est) ou arabe (Maroc/Égypte/Arabie Saoudite), etc.

Matériel de référence

Le matériel de référence est souvent négligé, mais il peut s’avérer un outil précieux pour assurer la cohérence de la marque dans ses différents supports et projets de traduction. Lors de la préparation d’une traduction, il convient de poser les questions suivantes : Existe-t-il des documents de référence ? Existe-t-il des sites web, des traductions antérieures, de la documentation complémentaire, peut-être même des documents de concurrents, qui peuvent ou doivent être pris en compte ? Plus le traducteur dispose d’informations, meilleurs seront les résultats.

La règle de Faust nº 1 – « Avec soin tu prépareras ton projet » – est bien plus qu’une recommandation anodine. Elle est destinée à rappeler aux responsables de projet, même les plus expérimentés, d’examiner chaque détail avec la plus grande attention, de poser des questions précises et de suivre le déroulement du projet jusqu’à son achèvement. C’est la clé de la réussite, qui peut être appliquée avant même que le premier mot ne soit traduit.

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