RÈGLE DE FAUST Nº 4 : PRÉCIEUSEMENT TU CONSERVERAS TA MÉMOIRE DE TRADUCTION !

mars 15th, 2021 by Christian Faust - Posted in Français

Les mémoires de traduction (ou TM, pour Translation Memories) sont l’un des éléments centraux de toutes les applications de traduction depuis les débuts de la traduction assistée par ordinateur (TAO). En substance, il s’agit de bases de données qui conservent chaque phrase de texte source avec sa traduction correspondante pour une réutilisation postérieure. Elles permettent donc d’économiser du temps et de l’argent, car il n’est jamais nécessaire de traduire deux fois la même phrase.

Mais le fonctionnement des ordinateurs est rigide…

Même si le sens fondamental d’une phrase reste inchangé, la moindre différence dans le texte source empêchera la machine de trouver une correspondance exacte dans la TM. Ces différences peuvent être minimes, comme par exemple l’omission d’une virgule ou un formatage différent, ou plus importantes, comme l’ajout ou la suppression de mots, la modification de chiffres, etc.

Heureusement, les outils de TAO permettent de détecter de telles différences : ils recherchent dans la TM les traductions précédentes les plus similaires et affichent clairement toute différence entre le nouveau texte source et la traduction enregistrée pour faciliter le travail des traducteurs. Les linguistes peuvent alors se concentrer sur la tâche de traduction proprement dite.

Le langage est puissant

Le langage est l’outil le plus puissant dont disposent les humains. Dans le même temps, c’est aussi l’outil le plus subtil que l’on puisse imaginer, et notre plus grande réalisation. Le langage oral est presque une forme d’art en soi : les mêmes mots peuvent revêtir un sens complètement différent selon le contexte, l’intonation, la fréquence de la voix ou les variations de rythme et de volume avec lesquels ils sont prononcés.

Le langage écrit est structuré plus simplement. Il ne bénéficie pas de toutes les caractéristiques de la communication orale. Cependant, même l’expression écrite est encore si complexe que les traductions automatiques ne permettent pas d’obtenir des résultats totalement fiables (du moins, pas pour l’instant ni dans un avenir proche !). Lorsqu’un seul mot de plus ou de moins, un changement d’ordre des mots ou la modification d’une simple virgule conduisent à un sens différent, il est facile de passer à côté de l’humour, de l’ironie, du sarcasme et des allusions !

Les mémoires de traduction, comment ça marche ?

Dans les outils de TAO, le texte source est divisé en phrases par le logiciel. Chaque phrase est appelée un « segment ». Chaque segment ne correspond pas nécessairement à une phrase complète au sens grammatical du terme, mais peut être délimité par tout ce qui marque une fin : un point, un saut de ligne ou de page, la fin d’un paragraphe, des cellules ou des champs définis, etc.

Le travail du traducteur devient plus difficile lorsque des phrases individuelles « naturelles » sont divisées en plusieurs segments. Ceci peut se produire lors de la pagination manuelle, de la conversion par des logiciels inappropriés, des processus de ROC, et parfois même du transfert de données à partir de fichiers PDF.

Le formatage du texte source déterminant sa segmentation, ce problème apparemment mineur peut conduire à des résultats absurdes. Si les phrases sont divisées en plusieurs segments, le logiciel de TAO ne parviendra pas à détecter la phrase complète correspondante. Par conséquent, la traduction – pourtant déjà existante – ne sera pas retrouvée, rendant la TM inutile !

Le contexte : concordance de 100 % à 103 %

Une TM n’est exploitée à son plein potentiel que lorsque le degré de concordance est de 100 % ou plus. Supérieur à 100 % ? Un pourcentage plus élevé reflète la concordance du contexte, que le programme identifie à partir des segments précédents et suivants. Si le contexte est identique, l’effort requis pour la nouvelle traduction est pratiquement nul.

Les éditeurs sont souvent pleins de bonnes intentions lorsqu’ils optimisent ici et là les textes existants lors d’une révision. Toutefois, il faut garder à l’esprit que, dans de tels cas, le traducteur devra procéder à des ajustements. Et cela coûtera du temps et de l’argent.

La question est donc la suivante : cette petite amélioration est-elle vraiment nécessaire ? Contribue-t-elle à rendre le texte plus compréhensible ou à générer des ventes ? On peut presque toujours se passer des modifications purement esthétiques.

Utiliser les blocs de texte intelligemment

Les systèmes de rédaction courants utilisent des modules de texte pour élaborer des manuels d’utilisation. Ceci facilite la création de textes et évite la redondance des traductions. Cette procédure peut également être utilisée dans d’autres environnements : les textes standard doivent être conservés dans une seule version.

Il est également conseillé d’utiliser une structure de phrase simple et d’opter pour des phrases courtes plus nombreuses, plutôt que des énoncés excessivement longs. Les phrases courtes se référant à un sujet spécifique pourront être réutilisées beaucoup plus facilement dans les versions ultérieures !

Les bons conseils de Faust :

Assurez-vous que votre TM vous appartient

Pas de panique, vous n’avez pas besoin d’entretenir vous-même votre TM. C’est même difficile à réaliser si différents services de votre entreprise commandent des traductions. C’est votre prestataire de services de linguistiques (ou LSP, pour Language Service Provider) qui devrait la gérer pour vous.

Mais dans tous les cas, assurez-vous que la TM construite à partir des traductions de votre matériel appartient à votre entreprise, et non au LSP. Étant donné que votre TM utilise vos anciennes traductions lors de chaque nouvelle traduction, vous ne payez qu’une seule fois pour chaque phrase traduite. Si vous souhaitez changer de LSP et que votre prestataire actuel refuse de vous transmettre votre TM, la tâche peut se révéler difficile. Dans le pire des cas, si vous changez de prestataire et que vous ne parvenez pas à récupérer votre TM, il faudra peut-être la reconstruire entièrement en partant de zéro et il se peut que vous perdiez une grande partie de vos traductions existantes. Ne payez jamais deux fois pour la même traduction, vérifiez toujours que votre TM vous appartient !

Tenez-vous-en à un seul prestataire de services de traduction

Les mémoires de traduction seront d’autant plus utiles à votre entreprise à mesure que chaque nouvelle traduction s’y ajoute et les enrichit d’éléments particulièrement pertinents pour votre entreprise et vos besoins.Cela ne fonctionnera pas si vous envoyez vos travaux de traduction ici et là, à tort et à travers. Il est préférable de choisir un seul prestataire de services traduction (pourquoi pas nous !?!), tout au moins pour une combinaison linguistique spécifique. Sans oublier de suivre le conseil précédent en même temps !

Les TM accumulent des déchets

Comment se fait-il que des segments de traduction inutiles s’accumulent dans la TM ? La réponse honnête est la suivante : c’est difficile à expliquer.

Au cours des mois et des années, chaque mémoire de traduction accumule des segments qui n’ont finalement aucun sens. De nombreux facteurs contribuent à ce phénomène : mauvaise segmentation, traductions incorrectes, développements techniques, nouvelles gammes de produits, amélioration des processus ou même modification des exigences légales. Il en résulte que certains segments conservés dans la TM deviennent obsolètes ou tout simplement inutilisables.

La réutilisation rapide des unités de traduction conservées peut alors devenir difficile.

C’est pour cette raison que, chez FaustTranslations, nous créons une nouvelle mémoire de traduction pour chaque client à peu près tous les deux ans. L’ancienne TM est alors utilisée exclusivement pour la lecture. Seules les nouvelles traductions et les entrées vérifiées de l’ancienne TM sont conservées dans la nouvelle mémoire de traduction. Selon notre expérience, c’est la meilleure approche. Ainsi, nous nous assurons que les TM de nos clients sont toujours actualisées.

Le bon conseil de Faust :

La TM va de pair avec la base terminologique (TB). Consultez notre règle de Faust nº 2 : « Avec zèle tu maintiendras ta base terminologique » ! En utilisant intelligemment ces deux éléments essentiels, vous serez à même de réduire considérablement les coûts et les efforts, tout en garantissant des résultats de traduction de la plus haute qualité.

La règle d’or n° 4 – « Précieusement tu conserveras ta mémoire de traduction » – est là pour vous rappeler l’importance des TM en tant qu’élément central de tout environnement de traduction.

Les incontournables règles de Faust sont publiées chaque semaine dans notre blog !

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